Église protestante Unie

Luc 2, 22 à 32 et 36 à 38. Deux vieillards inoubliables.Dominique Ranaivoson. Le dim 24 janvier 2021

Lecture biblique

Vint le moment pour Joseph et Marie d’accomplir la cérémonie de purification qu’ordonne la loi de Moïse. Ils amenèrent alors l’enfant au temple de Jérusalem pour le présenter au Seigneur. […] Il y avait alors à Jérusalem un certain Siméon. C’est homme était droit ; il respectait Dieu et attendait celui qui devait sauver Israël. Le Saint-Esprit était avec lui et lui avait appris qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Messie envoyé par le Seigneur. Guidé par l’Esprit, Siméon alla dans le temple. Quand les parents de Jésus amenèrent leur petit enfant afin d’accomplir pour lui ce que demandait la loi, Siméon le prit dans ses bras et remercia Dieu en disant « Maintenant Seigneur tu as réalisé ta promesse : tu peux laisser ton serviteur mourir en paix car j’ai vu de mes propres yeux ton salut, ce salut que tu as préparé devant tous les peuples : c’est la lumière qui te fera connaître aux nations du monde qui sera la gloire d’Israël, ton peuple ». 

Il y avait aussi une vieille prophétesse de 84 ans elle arriva à ce même moment et se mit à remercier Dieu. Et elle parla de l’enfant à tous ceux qui attendaient que Dieu délivre Jérusalem. 

Prédication

Nous venons de passer Noël, de raconter les faits extraordinaires qui ont précédé et accompagné la naissance de Jésus. Toute une ambiance qui s’estompe rapidement et dans les évangiles et dans nos vies. Après cette parenthèse annuelle, le mois du blanc, la rentrée, la vie ordinaire, le couvre-feu, les soucis.
Et Jésus dans tout cela ? 

Les récits de sa vie dans les 4 évangiles ne s’attardent guère sur son enfance : ils ne sont pas une biographie de Jésus et beaucoup le regrettent. Il y a même un grand saut entre les récits de sa naissance et le début de sa prédication. Cela semble curieux mais nous montre que le texte sélectif parce qu’il est orienté : Matthieu, Marc, Luc et Jean sont là, non pour suivre pas à pas Jésus dans les détails de sa vie mais pour se concentrer sur son œuvre de salut. Il ne « manque » donc rien qui ne soit important pour, dit Jean, « que vous croyiez que Jésus est le Messie » (Jean 20 / 31). 

Luc qui n’était pas disciple, annonce dans son préambule qu’il a voulu, « rapporter les faits tels que nous les ont racontés ceux qui les ont vus » (1 / 2). Il rapporte donc une scène brève mais assez marquante pour que les témoins le lui aient rapporté longtemps après.
Cherchons ensemble son intérêt et sa portée pour nous dans notre vie spirituelle. 

Un jour comme un autre 

La fête est finie ; les rois sont repartis. L’enfant a 41 jours et la loi énoncée dans le Lévitique (12 / 6) impose une cérémonie rituelle de purification. Joseph et Marie font ce que tous les Juifs font avec leur fils, un jour comme un autre, sans rendez-vous. Ils passeraient normalement totalement inaperçus.
Sauf pour deux vieux. 

Siméon et Anne prient beaucoup, lisent les Écritures (ce que nous appelons l’Ancien Testament, le seul à l’époque) et savent donc que Dieu enverra un Messie pour délivrer l’ensemble des hommes. Les prophéties sur lui sont nombreuses mais diverses et surtout sans date. Certaines ont 1000 ans, 800 ans. Prendriez-vous au sérieux une annonce faite pour les Français en 1021 ? Certainement non. Mais eux, si, parce qu’ils ont confiance en Dieu, qui fait ce qu’Il a dit ce qu’Il ferait, sans durée. 

Les années passent, leur corps vieillit, ils savent qu’ils vont bientôt partir mais ils attendent donc patiemment, vont au temple souvent.
Or, voilà que Siméon y va justement le jour où Joseph et Marie y sont, et voilà qu’Anne passe justement par là au même moment. Avouez que le hasard fait bien les choses. 

Quelles choses ? Des enfants, il y en a tous les jours, ils sont tous du même âge. 

Voir autre chose 

Mais l’un et l’autre ont la même réaction : dans cet enfant ordinaire, dont ils ne savent même pas le nom et encore moins les circonstances de la naissance, ils discernent autre chose.
Siméon ne voit même plus un enfant :
il « voit » (avec guillemets mais c’est lui qui emploie le verbe) le salut (30) 

il « voit » la lumière pour les nations du monde et la gloire d’Israël
plus loin il « voit » aussi la douleur de sa mère.
Anne « voit » aussi la délivrance promise, remercie Dieu et s’en va annoncer la nouvelle. 

Comment est-ce possible ? Même les parents ne comprennent rien, ne voient rien, les autres non plus. Aujourd’hui encore, un œil « normal » peut ne voir en Jésus qu’un enfant et un homme « normal », voire à la trajectoire exceptionnelle, sans plus. Certains y voient aussi un conte, un mythe. 

Qu’avaient-ils donc ces deux -là ? 

Les paroles de Siméon se révéleront exactes quand Jésus dira 33 ans plus tard « je suis la lumière du monde » (Jean 8 / 12) et « celui qui entre en passant par moi sera sauvé » (Jean 10 / 9).
Luc donne la clé de ce comportement étrange, visionnaire. L’explication de cette double vision se résume à un mot, que Luc répète : c’est le Saint-Esprit (v.25, 27) qui est derrière tout cela. 

Il est présenté comme un indicateur donné de la part de Dieu qui inscrit dans le cœur de Siméon et Anne une conviction bien plus forte que les apparences.
Ils savaient grâce à lui que ce jour viendrait et ils ont été guidés le bon jour au bon endroit devant le bon enfant qui leur apparaît dans son rôle messianique. Dieu, maître de l’Histoire, sait organiser les rendez- vous, à l’insu des premiers concernés ! 

Cette double vision, chers amis, renvoie à un moment que chacun est appelé à vivre.
Il nous est promis cet éclat qui, vient, un jour, nous fait comprendre que ce Jésus n’est plus un personnage de l’histoire mais bien LE cadeau de Dieu pour nous, Vous, Moi. Alors, nous « voyons » comme eux qu’Il est la Lumière qui vient tout changer, le salut qui délivre du non-sens du monde, la puissance qui a abattu le mal à la croix pour vivre chaque jour avec nous et en nous.
Cette vérité commence, c’est normal, par être extérieure à nous car on nous le dit ou que nous le lisons mais il faut qu’un jour, elle devienne notre vérité, notre trésor, le moteur de notre vie, notre joie secrète que personne ne pourra nous enlever, ni la mort, ni le Covid, ni le confinement. 

L’agent de Dieu a préparé Siméon et Anne qui se sont laissés conduire et ils ont été inondés de joie et de reconnaissance.
Il nous faut, comme ces deux vieux restés célèbres pour ce seul jour, nous laisser conduire dans la confiance. 

Demandons à Dieu d’ouvrir nos yeux spirituels : nous « verrons » comme eux, en Jésus notre Sauveur et Seigneur.
Siméon, dans son bonheur, a eu le sentiment d’avoir touché au but de sa vie et Anne est partie répandre au plus vite la bonne nouvelle. 

Nous irons, comme eux, dans la vie ordinaire, dans les jours froids et humides de l’hiver ou de la vieillesse, habités par cette conviction : Dieu conduit l’histoire, Il est fidèle, Il a tout réalisé en Jésus-Christ et continue de nous faire vivre, heureux. Amen ! 

Luc 2, 22 à 32 et 36 à 38. Deux vieillards inoubliables.Dominique Ranaivoson. Le dim 24 janvier 2021
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