Prier

Seul ? En groupe ?

Avec des mots ? Avec d'autres modes d'expression ?

Louange ? Supplication ?

Apprend-on à prier ? Comment ?

Prier, pourquoi ?

Faire le vide intérieur  pour mieux accueillir la Parole.

Nous n'avons pas de réponse, simplement des pistes, de quoi vous permettre de trouver votre propre chemin. Si vous le souhaitez, nous le chercherons avec vous.

Vous trouverez en ouvrant les onglets 

  • des renseignements sur les groupes de prière de notre église
  • sur les groupes bibliques 
  • la prière de la semaine


Prier autrement ?

Si vous faites partie de ces privilégiés qui sont capables de partager facilement leur foi avec des mots, de prier en groupe en prenant la parole, sachez que vous avez beaucoup de chance.Certes, nos pasteurs aussi sont entraînés à cela, dans leur formation d’abord, et aussi dans leur pratique dans l’église, jour après jour et ils nous donnent l’exemple. 

Il en est d’autres qui, par pudeur, par timidité, par blocage, que sais-je encore, ne sont pas en mesure de le faire avec aisance. Ils sont adeptes de la prière silencieuse, celle qui va directement de l’homme à Dieu, le Père, le Fils et l’Esprit Saint. L’Eglise en a aussi besoin. Il en est d’autres encore qui utilisent d’autres moyens. Pour les uns, c’est le chant de leur voix ou de leurs instruments, pour d’autres, leur palette de couleurs. 

Où est la similitude entre ces différentes situations ? 

Elle est dans le « lâcher-prise », ce que l’on éprouve quand on s’en remet totalement à Dieu pour le laisser nous inspirer, nous porter, nous accompagner. Il peut nous donner les mots pour témoigner de notre proximité par rapport à lui, de la confiance absolue que nous avons en son amour. Il peut aussi nous donner un archet ou un pinceau, une voix ou un bloc de pierre à façonner, et le goût pour le faire.

L’important n’est pas dans la manière, il est dans cet abandon, le fait d’accepter de le laisser guider notre vie. A chacun son mode de témoignage. 

Alors, pas de complexes, prions. Devant Dieu et dans nos églises, à chacun son style !

Marie-Hélène Wieczorek, 2 Juillet 2013


Prier pourquoi et comment ? réflexions du Groupe Alpha de Reims en 2011 transmis par Marinette Dozeville

Lecture du conte « Le passeur »

1- Qu'est ce que la prière ?

La prière, c'est une relation, une relation intime avec Dieu. Prier, c'est entrer en conversation intime avec Dieu. De même que nous avons besoin et plaisir à partager avec les gens que nous aimons pour nourrir notre relation à eux, prier nous met en dialogue, en communication avec Dieu, et nourrit ainsi notre relation à lui. C'est parce que prier nous met dans ce rapport d'intimité avec Dieu, que nous pouvons nous adresser à lui comme un père. Jésus disait « Abba », ce qui veut dire « papa » en hébreu. Nous pouvons vraiment nous sentir dans ce rapport privilégié et rassurant qu'est le rapport d'un enfant à son papa.

 

La prière, c'est aussi un état, une manière d'être. Pour comprendre cela, je peux comparer la prière à la danse. Qu'est-ce que la danse ? Est-ce que c'est un certain type de mouvement ? Mais un chef d'orchestre qui n'a jamais pris un cours de danse de sa vie n'est-il pas déjà en train de danser quand il guide ses musiciens ?  Est-ce que c'est une manière de bouger plus gracieuse qu'au quotidien ? Est-ce qu'on peut danser sans bouger ? A tout cela, je répondrais que la danse ne peut pas se définir en terme de mouvements, de formes, mais en terme d'état. Danser, c'est être en état de danse, cet état de conscience particulière aux choses, aux sensations, à l'environnement...

Et de même, prier n'est pas réciter quelque chose, appliquer une forme qu'on nous aurait enseignée (cf « Le passeur »), mais prier, c'est être en état de prière, cet état de conscience, de réception particulières, réception de Dieu en soi.   

2- Pourquoi prier ?

 Mais puisque Dieu nous connaît au plus profond de notre être, qu'il sait nos besoins, nos pensées, nos sentiments, nos émotions, pourquoi devons-nous prier ? Comme nous l'avons vu précédemment, la prière est une relation, or une relation ne peut pas être unilatérale ; pour vivre une relation épanouie et équilibrée, il faut que chacun amène du sien, nourrisse la relation. Il en est de même dans notre relation à Dieu. Nous avons des attentes envers lui, et lui envers nous : Dieu   attend que nous nous tournions vers lui. Dieu attend notre prière. En priant, « j’exauce Dieu » disait le pasteur Wilfrid Monod. Bien sûr, Dieu n'attend pas une relation « équilibrée », 50/50. Nous, nous avons cette assurance qu'il est toujours là pour nous, et nous essayons à notre mesure de nous tourner vers lui, de le recevoir dans notre vie. C'est un peu à l'image de l'amour inconditionnel que porte une mère à son enfant.

 

3- Comment entrer en prière ?

 Pour prier, il faut s'arrêter. La Bible dit que Jésus « se retirait pour prier », se retirait, donc s'extrayait des foules et de son quotidien pour pouvoir s'arrêter. En effet, pour prier, il faut prendre un certain recul, une certaine distance. « S'extraire », « se retirer » de son quotidien pour pouvoir se « désencombrer » des préoccupations polluantes et parasites de notre bas monde.

Se « désencombrer » pour faire silence. Faire silence en soi pour pouvoir se relier à Dieu, se mettre en relation avec lui. Faire place pour l'accueillir en soi. Oui, pour entrer en prière, il faut essayer de s'arrêter, de faire silence et de faire place en soi pour que la communication avec Dieu opère...

 

Et, dans cet état de prière, prier ne se résume bien sûr pas seulement à l'acte de demander à Dieu qu'il fasse ceci ou cela... Prier peut prendre diverses formes : demander, recevoir, accueillir, rendre grâce, reconnaître, remercier etc... Par exemple, demander à Dieu qu'il soit présent à nos côtés, recevoir son pardon, son amour inconditionnel, accueillir sa présence, sa Parole, son Esprit Saint, rendre grâce pour ce qu'il nous apporte, reconnaître sa présence dans nos vies, le remercier pour son écoute patiente, aimante et constante... Encore une fois, prier nous met en relation, en dialogue avec Dieu ; il y a donc don et accueil réciproques.

 

A ce propos, une petite anecdote personnelle : Quand j'avais 17 ans, j'ai passé le concours d'entrée au Conservatoire national supérieur de Lyon, un concours très éprouvant, sur plusieurs jours, avec très peu de gens sélectionnés à l'arrivée. J'y suis allée avec deux amies danseuses qui étaient croyantes elles aussi. Et, je me souviens que nous nous étions confiées nos prières : moi, j'avais bien sûr prié pour être prise dans l'école, une amie elle, avait prié pour que Dieu lui donne la force de tenir bon pendant toute l'épreuve, et la troisième, je ne sais plus. En repensant à cette histoire, je me dis que cette amie était déjà très juste dans ses prières. Est-ce juste de demander à Dieu de se suppléer à nous-mêmes, de réussir à notre place ? Et, est-ce souhaitable pour nous qui revendiquons haut et fort notre liberté ? Ou n'est ce pas plus juste de lui demander d'être là, à nos côtés, de nous accompagner dans nos peurs et nos épreuves, de nous donner les moyens de pouvoir pleinement assumer notre vie d'humain ? Puis, adviendra ce qu'il adviendra, et n'oublions pas que le plan de Dieu pour l'homme a une vue d'ensemble que nous ne pouvons pas percevoir, ou en tout cas pas sur le moment, nous qui avons « le nez dans le guidon ».

 

Par ailleurs, nous pouvons prier seul ou à plusieurs. Jésus a dit : « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux. » La prière est toujours une expérience intense que l'on soit seul ou à plusieurs. Mais tous ceux qui ont expérimenté le fait de prier ensemble vous rapporteront à quel point l'expérience est forte et ressourçante. Il ne s'agit pas forcément de s'exprimer à voix haute ; chacun peut être libre de s'exprimer dans l'intimité du silence.

Mon ami est en recherche ; il ne sait pas encore très bien ce en quoi il croit ou non, et pourtant c'est lui, qui à plusieurs reprises, dans des moments difficiles, m'a demandé si nous pouvions prier tous les deux en silence. A chaque fois, ça a été un véritable cadeau.

 

4- Les difficultés à prier :

 Même si prier s'avère toujours nous faire du bien, ça ne rend pas la tâche plus facile pour autant. Comme nous l'avons vu, prier nous demande de pouvoir d'une manière ou d'une autre nous retirer de nos préoccupations quotidiennes. Cela nécessite calme et concentration. Pas évident dans notre rythme toujours effréné et notre environnement où nous manquons toujours d'espace et de silence ! Du coup, faut-il remettre à plus tard, quand nous aurons du temps, du calme, un contexte favorable ? Ce serait dommage, car prier régulièrement, entretenir notre dialogue avec Dieu nous aide véritablement à avancer dans notre développement personnel et notre quête spirituelle.

Mais comment font les Bénédictines, ces religieuses qui appliquent la règle de St Benoît qui leur demande de prier sans cesse. Certes, elles vivent dans un contexte de calme et de recul par rapport au monde, mais elles ont un rythme de vie extrêment réglé, dans lequel elles ne peuvent pas se permettre de « chômer », d'arriver en retard aux repas ou aux lithurgies...

Si, comme nous l'avons vu, prier est un état, une manière d'être réceptif au monde et à Dieu, alors cela devient possible de prier sans cesse. Nous n'avons pas à nous infliger ce but, notamment dans nos contextes professionnels de plus en plus exigeants, stressants, voire violents... Mais, cela veut dire que nous pouvons prier lorsque nous marchons, prenons les transports en commun, écoutons de la musique, courrons, nageons, etc... et pas seulement lorsque nous sommes dans un contexte idéal de calme et de retrait. Attention ! Je ne recommande pas spécialement la prière au volant !

 

Nous pouvons aussi bien sûr organiser notre temps, pour prévoir un temps de prière au sein de nos logistiques quotidiennes, de même que nous prévoyons un temps pour lire, prendre notre petit-déjeuner...

 

Autre question importante : peut-on se sentir gêné dans nos prières, parce que nous n'avons pas les mots qu'il faudrait ou parce que les mots nous manquent ? Personnellement, il m'arrive souvent que mes prières ne soient faites que d'un profond silence intérieur. Soit, parce que les mots seraient réducteurs, soit parce que désemparée, je n'ai pas la force de trouver les mots, alors juste je m'arrête, et je m'en remets à Dieu, je lui dépose mon désarroi, mon fardeau. Les mots ne sont pas importants, Dieu sait ; ce qui compte, c'est de se tourner vers lui ; c'est cette intention qui compte.

D'autre part, je repense à mes prières d'enfant, où sans aucun repère d'un quelconque catéchisme, je m'adressais à Dieu avec toute l'innocence et la maladresse de mon âge. Sans doute des prières assez atypiques, et alors ? L'important, c'est la sincérité de l'échange.

Et si les mots ne viennent pas et que nous tenons à formuler quelquechose, nous pouvons utiliser les prières des autres, les psaumes par exemple, ces prières magnifiques et bouleversantes qui peuvent nous aider à entrer en relation avec Dieu, comme les psalmistes l'ont fait à leur époque.

5- Dieu répond-il aux prières ?

 Une chose dont on peut être sûr, même s'il nous arrive souvent d'en douter, c'est que Dieu est toujours au rendez-vous, mais que très souvent, il n'est pas là où on l'attend. Dieu n'est jamais indifférent à nos prières ; il est touché chaque fois que nous nous tournons vers lui, mais encore une fois, le projet global de Dieu pour nous et pour son peuple nous dépasse, et le cours des choses n'est pas forcément celui qu'on attend, qu'on espère, mais fait partie d'un grand tout. Parfois, avec du recul, longtemps après, nous pouvons voir comment la main de Dieu a été présente dans nos vies. Faisons confiance en ce Dieu bienveillant. « Demandez, on vous donnera ; cherchez vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. » Luc 11(9)

D'autre part, la prière a une réelle fonction libératrice ; prier en soi fait du bien. Prier libère, apaise, ou apporte clairvoyance, lucidité. Au-delà de nos projections et de nos espérances, prier, s'ouvrir à la présence de Dieu en nous, nous apporte un réconfort immédiat.

 

Et pour conclure, je voudrais vous lire un passage d'une pièce de théâtre « Face de cuillère » de Lee Hall. Face de cuillère, petite fille, contre qui la vie semblerait s'acharner.

 

Lecture de « Face de cuillère »

 Lecture de Luc 11(1-13)