Histoire de la communauté protestante de Reims

Texte de Philippe GUTTINGER, 31 août 2013

Hier …

La Champagne a été très tôt touchée par la Réforme, et même dès 1535 à Troyes et c’est dans cette région qu’eu lieu le 1er mars 1562, l’événement considéré comme le début de la première guerre de religion : le massacre de la grange de Wassy au cours duquel environ 200 participants à une assemblée huguenote furent tuées ou blessées par les troupes du duc François de Guise.

Toutefois, à Reims, la présence protestante est restée très modeste, du fait de la répression mais aussi de la grande vigilance de son archevêque, le cardinal Charles de Lorraine, qui fut l’un des champions de la cause catholique. Ce fut cependant chez un notable protestant de Reims que fut organisée en 1561 une rencontre entre l’archevêque et le Réformateur Théodore de Bèze, professeur de théologie à Genève, en vue de la préparation du Colloque de Poissy, une conférence religieuse convoquée par la reine-mère Catherine de Médicis pour éviter la guerre civile. Et la faiblesse de cette présence explique très probablement que le culte protestant n’y fut pas autorisé par l'Édit de Nantes, le seul lieu du diocèse qui fut retenu étant Ay-en-Champagne.

Des réunions secrètes, puis tenues dans la discrétion ont naturellement eu lieu mais il faudra la fin du XVIII ème pour que se constitue le noyau d’une communauté dont certains membres influents étaient de tradition luthérienne. Et c’est en 1832 que le premier pasteur fut désigné et qu’une demande d’établissement d’un culte régulier fut déposée. Puis, dernières étapes de la structuration de la communauté : en 1836 son affiliation au Consistoire réformé de Meaux et en 1841 son installation dans la chapelle de Sainte-Marthe qui servit de lieu de culte jusqu’en 1867, date de son transfert dans un temple construit boulevard Lundy.

Toutefois, si la communauté de Reims a grandi pendant tout le XIX ème, passant de 150 membres en 1833 à quelques 1000 membres à la veille de la première guerre mondiale), elle fut fortement touchée par cette dernière.

Pour approfondir : voir Le temple protestant de Reims – histoire d’une communauté et d’un lieu de culte. Avec une préface du pasteur Rudi Popp. Éditions Carnet de Sentier, Reims, 2012, 26 p.

 Et aujourd’hui

L’Église locale de Reims est membre de l’Église Réformée de France depuis la constitution de cette dernière en 1938 et, depuis 2013, suite au regroupement qui s’est opéré entre réformés et luthériens, elle est membre de l’Église protestante unie de France.

Depuis sa fusion en 2000 avec son homologue d’Épernay au sein d’une association cultuelle unique, elle dispose de deux lieux de culte.

Aujourd’hui, elle rassemble 700 familles et, dans le cadre d’un accord de partenariat, ses deux pasteurs sont pasteurs référents de trois Églises de Marne et des Ardennes : Châlons-en-Champagne (100 familles), Charleville-Mézières et Sedan (200 familles).

A noter enfin la présence à Reims de trois autres communautés rattachées à la Fédération protestante de France : une église évangélique tzigane, une église adventiste et une église malgache. Cette dernière est hébergée dans les locaux de l’Église protestante unie de Reims-Épernay.  

Pour toute remarque ou critique :S’adresser à l’auteur à  l’adresse philippe.guttinger@orange.fr

 

 

Histoire de la communauté protestante d'Epernay

Texte d'Yvette Laurent, 12 juillet 2013

Tout commence à Troissy

En 1872, à Troissy, situé à 20 km environ d'Epernay, de graves difficultés politiques surgissent entre le maire et le curé desservant. Une partie de la population et une majorité du Conseil Municipal prennent parti pour le maire, les autres font cause commune avec le curé. De la politique, on en vient à la religion. On parle d'abandonner le culte catholique. Un pasteur protestant est "mandé".

Le Président du Consistoire de Reims vient à Troissy ouvrir un temple protestant provisoire et y prêche. Plus de 70 familles font adhésion solennelle à la religion réformée. Un pasteur a sa résidence fixée à Troissy où un temple protestant est édifié. Le 31 octobre 1872 a lieu le premier baptême protestant.

Dans le même temps, le culte protestant était célébré dans une salle prêtée gracieusement par la mairie d'Epernay, ce qui devenait génant pour tout le monde. Le Conseil Municipal vote donc une subvention en faveur d'un local convenable pour l'exercice de ce culte, rue de la Poterne, local qui fut ensuite acheté par la communauté protestante et pour lequel la ville d'Epernay a accordé une nouvelle subvention.

Il y avait alors 200 protestants à Epernay.

Le bateau

C'est à cette même période qu'un bateau ayant pour nom "Le bon messager", envoyé par la Mission Populaire, est venu s'installer sur la Marne. Beaucoup de monde, surtout des habitants de La Villa (maintenant rattachée à Epernay) allait écouter des "conférences populaires" sur ce bateau, mais le pasteur n'était pas invité. Une certaine réserve à son égard avait été adoptée.

Un soir, le conférencier prévu ayant raté son train venant de Paris, le directeur du bateau est venu demander au pasteur de le remplacer au pied levé, ce qu'il a fait. Ce bateau n'est resté à Epernay que quelques semaines, mais à son départ, beaucoup de monde a souhaité continuer ces rencontres avec le pasteur. Une salle de "conférences populaires a donc été ouverte dans un bâtiment provisoire.

L'église d'Epernay s'est beaucoup développée.

La fin de Troissy

L'église de Troissy s'est maintenue jusque dans les années soixante, malgré le début de l'exode des habitants vers la ville. Dans les années quatre-vingt, la communauté étant extrêmement réduite : il n'y avait plus de culte depuis longtemps. Le temple appartenant à l'église de Reims a alors été vendu.