L’orgue de l’Eglise Réformée de Reims a été construit entre 1972 et 1976 par Pierre VALLOTTON, Pasteur à Reims à cette époque, passionné de musique d’orgue et de facture d’instruments.

Cet instrument de 53 jeux est composé de morceaux provenant d’autres orgues français et étrangers. 

Notons que pour les tuyaux,

v11 jeux viennent de M. HAERPFER, de Reims (date de fabrication : 1923)

v1 jeu vient de Jean-André SILBERMANN (1712-1783), issu d’une grande famille de facteurs d’orgue strasbourgeoise (date de fabrication : 1720)

v26 jeux viennent de M. GOLL (1860) ou de M. METZLER (1954), sortis de la Stadtkirche de Baden, en Suisse

v3 jeux d’anches viennent de M. DAUBLAINE (1840)

v2 jeux viennent de M. LAUKHUFF (1975)

v3 montres viennent de M. KLEIN (1973) et

v6 jeux de M. FLENTROP, facteur d’orgue à Zaandam  en Hollande (1948)

vLe jeu de timbres dont on voit l’étoile dorée située en hauteur est de Pierre VALLOTTON 

L’orgue a été inauguré le dimanche 17 octobre 1976 à 17 h 30 par  Arsène MUZERELLE, organiste titulaire de l’orgue de la Cathédrale de Reims, professeur au Conservatoire et Directeur de la Maîtrise de la Cathédrale à cette époque. 

Le programme de ce concert mentionne non seulement les pièces jouées et leur compositeur, mais également une « disposition de l’orgue » présentant les 5 parties de l’instrument et fournissant des précisions techniques très intéressantes. 

On notera que le plan de l’instrument et son montage ont été réalisés par Pierre VALLOTTON et que pour l’harmonisation, il a eu l’aide de Philippe HARTMANN.

L’orgue est composé de 3 996 tuyaux, dont 260 sont en bois.

Un petit ouvrage sur l'histoire de l'instrument et ses particularités techniques a été rédigé en 2010 et édité par l'Espace Culturel Protestant de Reims.

Il comporte un bilan de l'état de l'instrument actuellement dégradé. Vous pouvez vous le procurer au comptoir de librairie de l'église ou lors des manifestations de l'Espace Culturel pour 10 €. Cette somme contribuera à aider au financement du dossier préalable à la restauration.


Le témoignage du titulaire de l'orgue, Georges HERR :


"L'Eglise Protestante Unie de Reims-Epernay a l'immense privilège de posséder un orgue de concert très important et spécialement apprécié par les organistes qui ont eu l'occasion de le faire sonner. Avec les grandes orgues de la Cathédrale et de la Basilique Saint Rémi, c'est le plus important des instruments de la ville.

C'est le Pasteur Pierre VALLOTTON, qui a été en poste à Reims jusqu'en 1976, qui a conçu la structure de cet instrument, et c'est de ses mains qu'il l'a construit, avec un goût très sûr pour l'intégrer dans le décor du temple et surtout pour choisir la composition de ce grand instrument.

Avec beaucoup d'enthousiasme, il a su faire offrir à la communauté, des sommiers et des tuyaux détenus par d'autres communautés qui n'en avaient plus l'usage, et on ne peut qu'être confondu de constater l'excellent choix qu'il a fait des ressources qu'il a pu trouver.

C'est donc avec une immense reconnaissance que la communauté peut remercier le Pasteur VALLOTTON du travail phénoménal qu'il a consacré à cet instrument.


Il est évident que le temps a passé, que l'instrument s'est normalement détérioré et il n'a pas pu être entretenu suffisamment. Il a besoin maintenant d'un relevage complet, d'une remise en ordre de la mécanique et, peut-être d'une transformation éventuelle d'une partie de ses organes mécaniques. Mais ces travaux importants entraîneront des dépenses extraordinaires dont il sera nécessaire d'assurer le financement. Actuellement, il est impossible d'utiliser l'orgue pour un concert. Beaucoup de notes ne parlent plus et certains jeux sont totalement inutilisables.

Le Pasteur VALLOTTON m'avait demandé de me mettre au travail pour utiliser l'instrument dès la fin de sa construction pour accompagner les cultes. C'est avec joie que je me suis lancé dans cette aventure périlleuse, sans formation musicale suffisante. J'ai pu assurer ce service depuis la mise en route de l'instrument et les fidèles ont pu remarquer un certain nombre de fausses notes. Toutefois, j'ai réussi à entraîner les chants en respectant la mesure et je m'aperçois chaque dimanche que les assistants me suivent consciencieusement. Mais beaucoup se sont aperçus que les changements de température sont très néfastes à l'instrument et que parfois, un ou deux claviers sont totalement inutilisables.

L'Eglise s'est souciée de cette fiabilité défaillante et elle a voulu envisager une restauration de l'instrument. Une étude est en cours qui devrait donner des positions à choisir pour remettre en état cet instrument remarquable qui fait partie du patrimoine organistique de notre cité.

Georges HERR, 2 septembre 2013